mardi 23 juin 2009

Il fallait en parler !?

La séquence qu'il vient de nous offrir, de la réunion du Congrès jusqu'au remaniement ministériel, mérite qu'on s'y arrête un instant. Hier donc, à Versailles, nos élus ont eu la chance de pouvoir l'écouter. Versailles et la République, quelle belle histoire !! En 1789 c'est la jeune assemblée et le peuple de Paris qui ramenaient le roi à Paris, aujourd'hui c'est lui qui les y amène. En 1871 les joyeux Versaillais estampillés républicains s'amusaient à exécuter 30 000 communards en une semaine, et en 1919 on y a signé le plus absurde des traités de paix pour humilier nos voisins défaits. Ha ! Si Versailles m'était conté, sûr que cet épisode n'y trouverait place ! En revanche, si Versailles m'était compté...


Hier donc, devant un parterre de parlementaires réduits au silence, devant députés et sénateurs privés de vote, sa magnificence a fait appel à son peuple en faisant "don de sa personne à la France". En agissant ainsi, il égale son illustre prédécesseur, Napoléon III dans son usage du plébiscite: certain de ne pouvoir obtenir le soutien de son action dans les urnes, il fait appel à celui des portefeuilles par un "grand emprunt national".
Sûr que cet emprunt sera un grand succès, que les sommes obtenues dépasseront les estimations les plus optimistes ! Les Français videront leur bas de laine flairant la bonne affaire au regard d'un taux de rémunération du livret A , sans doute ramené à 1% dès cet été.
Cher lecteur, tu comprendras que je ne m'attarde pas ici sur les risques encourus par cette pratique. Simplement une remarque au passage : l'endettement de la France pour cette année et la suivante dépassera les 7%. Or, cet emprunt devra être remboursé dans quelques années : Réjouissons nous, nous voilà assurés (en ces temps incertains) de conserver notre dette ! Tout çà sans politique de relance de la demande !
Comment rembourser cette multitude de créditeurs de l'Etat ? Par les impôts bien sûr ! Ainsi, ce que vous avancez aujourd'hui, vous vous le rembourserez demain, sauf si vous êtes soumis au dur régime de l'ISF qui sera supprimé d'ici là...
Dernier point : les anciens emprunts d'Etat ont toujours été annoncés par le premier ministre. Aujourd'hui, François Fillon est totalement court-cicuité ainsi que l'ensemble de tous les corps intermédiaires. Ce procédé inédit, en plus de ridiculiser le premier ministre, confine au démagogisme en action. François, tu peux courir te cacher.
Pas de rigueur, pas d'augmentation des impôts a-t-il promis. Pourtant, on voit fleurir une taxe carbone, une diminution plus forte que prévue du nombre de fonctionnaires, aucun coup de pouce pour le SMIC, une augmentation du tarif de l'électricité et une stabilité de celui du gaz alors même que ce dernier est censé être indexé sur le cours du pétrole. Accessoirement, on comptera fin 2009, pratiquement un million de chômeurs de plus qu'un an plus tôt, soit plus de 10% de la population active au chômage. Accessoirement toujours, Seguin, président de la cour des comptes s'inquiète dans les colonnes du Monde d'un "risque de accroissement exponentiel de la dette".

Bilan de la journée ? Une République bafouée, un premier ministre humilié, une opposition piétinée, Français, si vous me prêtiez ?

Mais notre éminence ne souhaita pas s'arrêter en si bon chemin. Il s'agit de pousser l'avantage d'élections prétendument gagnées. Or, qu'aurions nous eu si ces dernières avaient été analysées comme une défaite pour la majorité? Eh bien, un remaniement bien sûr ! Annoncé par qui ? Le premier ministre, naturellement ! Pour arrondir les angles, il aurait fallu poursuivre l'ouverture. N'est-il pas curieux que le procédé reste identique ? Victoire ou défaite, de toute façon le remaniement était programmé. Seul celui qui l'annonce change en fonction des résultats : "mais non, François, ne t'en va pas, ne boude pas, je te garde quand même". Hé oui, cher lecteur, tu n'es pas sans ignorer que constitutionnellement parlant, c'est le chef du gouvernement qui présente à l'approbation du président son gouvernement. Tu es bien caché François ? Étrange que tu ne te sois fendu d'aucune déclaration entre ces deux épisodes historiques. Tu sembles souffrir, c'est ta sciatique ou encore un peu plus bas dans le dos?
En dépit d'élections triomphales donc, le remaniement. En dépit d'un PS déjà bien moribond , la poursuite de l'ouverture. Le petit a en effet agité son hochet et il est tombé sur Frédéric Mitterrand qu'il avait déjà envoyé 18 mois plus tôt à la villa Médicis . L'ouverture a bons dos, ce même F Mitterrand avait appelé à voter Chirac dès 1995...
Mais qu'importe ! ! Voilà l'heureux évènement ! Car il a tout lui aussi : un nom, un pédigrée, des paillettes, un beau réseau chez les artistes bon ton que fréquente la First Lady à la con, et même en prime du caviar ! Nous voilà assurés pour des jours et des jours d'un tapage médiatique assourdissant assorti d'un sentiment de trahison chez tous ceux qui plaçaient encore un reste de confiance dans l'intelligentia modérée de la rive gauche. Politiquement, la prise ne signifie rien. Symboliquement elle est considérable. Gageons cependant que l'abcès est désormais crevé entre les électeurs et les représentants de gauche.

Bilan de la deuxième journée : Un premier ministre humilié sur la place publique, des reniements en veux tu en voilà parmi les ministres, un écran de fumée (F Mitterrand), et sa majestée au centre de la mélée mais en même temps au dessus, pantin comme tous les autres dans la situation économique mondiale avec un pays qui se ruine sous ses pas.

Plus généralement, la bulle qui sépare la population et ses élus s'épaissit : les incertitudes des uns ne rencontrent plus les inquiétudes des autres. Dans le microcosme, on s'agite, on s'ébaudit, on entonne le refrain des chaises musicales et on joue au qui manipule qui. Dans le macrocosme, on fait les comptes pour passer ses vacances au camping, on hésite pour la mise en faillite de sa boîte en septembre ou on craint le dégraissage d'automne, à moins que l'on soit déjà inscrit au Pôle emploi.

A force de ruptures, la boussole perd le nord. Notre pays est aujourd'hui dépourvu de ses repères passés et en quête d'une direction. Car soyons clairs, quel avenir nous fait-on miroiter ? On explique partout que le but est de revenir à la situation antérieure (retour de la croissance) ou bien à celui d'un hypothétique âge d'or (celui de l'équilibre des comptes).
La justice sociale par la résorbtion des inégalités ? Des services publics qui garantissent l'égalité sur l'ensemble du territoire, des hausses de salaires pour relancer le pouvoir d'achat et la consommation ? Des taxes sur les spéculateurs ? Non, rien de tout cela n'est évoqué : tout juste un espoir dans l'accession au crédit (le droit de s'endetter davantage ! ), la compression des salaires, l'allongement de la durée de cotisation, le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux..

Cette situation est en réalité des plus absurdes, car toutes ces décisions présentées comme pragmatiques, répondent à une pure idéologie néo libérale. Penser, aujourd'hui encore !, que l'on va relancer par l'investissement alors qu'on a à faire à une crise de la consommation (par un trop fort endettement) relève de l'aveuglement idéologique.

Je crains fort qu'il n'y ait rien à retenir de cette séquence en deux temps, finalement elle ne méritait pas qu'on s'y arrête. Désolé, cher lecteur.

lundi 15 juin 2009

La retraite revient au galop !


Le boutefeu Hortefeux n'ira pas au parlement européen. Ben oui quoi, s'il s'était mis sur les listes en Auvergne c'était sans doute pour faire du nombre. Se présenter en espérant ne pas être élu, y en a qui devraient l'imiter à l'UMP, ça nous soulagerait ! Des candidats? Dati ? Ah oui, déjà çà ! Et, en attendant, le rouquin reste au gouvernement car il est indispensable au dialogue social ! Si, il a la confiance des syndicats ! Sa méconnaissance des dossiers est en fait une chance inouie. Problème, il a, lui aussi, des consignes.

Vous en avez peut être vaguement entendu parler, depuis le 7 juin, mais il semblerait que la situation financière de la France pose quelques soucis. 20 milliards pour la Sécu, 72 pour le déficit budgétaire... et plus rien pour les retraites. Et oui, il va falloir travailler plus...longtemps. C'est la p'tite bombe d'avant les vacances, juste après le derner rendez vous social du 13 juin. Hop, ça y est, c'est dit. Personne ne réagit, parfait, on se met au boulot à l'automne prochain.

67 ans, premier chiffre annoncé. C'est ce que l'on peut "obtenir de mieux" mais dans ce cas, il faudra sans doute aussi augmenter les cotisations. Donc on va travailler plus longtemps, payer davantage (en volume et en durée) pour une retraite de toute façon tronquée. Les entreprises, qui passées 50 ans cherchent à se séparer de leur salarié, trop cher et relativement peu productif si on le compare à un jeune aux dents longues, ne feront rien pour garder les plus vieux. Le chômage des séniors, dans ces conditions, va exploser. Deuxio, les départs à la retraites à taux pleins constitueront de plus en plus l'exception. Paupérisation des troisième et quatrième âges à qui les fistons seront contraints de financer les maisons de repos.

Sous Balladur, le privé se voyait "condamné" à cotiser plus longtemps, sous Juppé, la Sécu remboursait moins,sous Raffarin, la retraite du public fut alignée sur celle du privé, sous Villepin on proposa aux jeunes de travailler pour moins, sous Fillon, on doit travailler plus tard à nouveau. Si on compte (rapidement) Fin des 35 heures et retour à environ 39 heures pour tous (plus incitation aux heures supplémentaires), un jour férié en moins et au moins 5ans de boulot en plus : quelques dizaines de milliers d'heures de travail supplémentaire pour chacun en dix ans ! Décidément pour la droite il faut vivre pour travailler !

Vit on mieux ? A-t-on retrouvé la croissance ? Y a t-il moins de chômage ? Moins d'échec scolaire ? Moins d'insécurité ? Non, vos heures sup n'ont pas cette vocation

A t-on renfloué des banques? L'automobile ? Bernard Tapie ? François Pérol ? Les restaurateurs ? Les médecins ? Voilà à qoi ça sert de bosser plus.

Forcément, tout est défiscalisé. Les recettes s'effondrent (et pas besoin de "crise" pour expliquer cela) et les dépenses s'accroissent.

Les syndicats, les partis d'opposition sont silencieux et complices de cette situation. Incapables de proposer une alternative, ils vont encore être contraints de s'opposer pour la forme et abandonner la lutte.

Cher lecteur, l'an prochain vous travaillerez plus...ce qui vous laissera plus de temps pour me lire au bureau.



samedi 13 juin 2009

La gauche et le conservatisme (Vite dit)


Progressistes, modernes, dépoussiérés. Voilà comment la plupart des leaders de gauche (où se prétendant comme tels) veulent apparaître aux yeux de l'opinion. Décomplexés, "désidéologisés", pragmatiques, soucieux d'apporter des "réponses concrètes". Convaincre l'électeur que l'on regarde bien l'avenir.

Quand le programme politique se mue en "bonne gouvernance", lorsque le progrès social se transforme en "meilleure répartition des revenus", quand "non à Barosso" permet de mettre "Europe sociale" au placard, quand "idéologie" devient pragmatisme gestionnaire,


Ces mutations linguistiques supposent un renoncement. La gauche d'aujourd'hui c'est la "boutique de l'homme moderne" en tout aussi ringard. Il faut le répéter rien ne vieillit plus vite et plus mal que le résolument contemporain et le moderne. Le moderne de la veille est le kitch du lendemain...

Hier encore l'écolo était d'avant garde, aujourd'hui il connaît son apogée, demain, il sera ridiculisé.

Le monde politique est, dit-on, partagé entre progressistes et conservateurs. La droite française actuelle affirme se reconnaître dans les deux, la gauche n'accepte que le premier.

Comment l'expliquer ? Historiquement, il est certain que la gauche fut la force du mouvement, du changement, du progrès social et de la révolution. Ses héritiers considèrent donc que la transformation de la société est une nécessité. Fort bien !

Le problème vient que la transformation progressiste et "socialisante" est d'abord devenue le changement puis mouvement ensuite l'adaptation enfin la flexibilité.

L'aveuglement qui consiste à croire que tout ce qui évolue est "bon en soi" constitue le tabou, le verrou qui empêche toute remise à plat. "Changer la vie" ne signifie rien. Taguieff dénonçait il y a maintenant longtemps, le "bougisme". Le glissement libéral s'est néanmoins poursuivi : l'adaptation de la France et du travailleur à la mondialisation pour être plus compétitif. C'est un renoncement, s'adapter ne peut se faire qu'a posteriori, c'est abandonner l'idée que l'on puisse influer ou orienter le processus (Attitude passive). Cela ne constitue pas un projet politique mais en effet une gestion quotidienne pragmatique du présent. Autre facette du renoncement : S'adapter à un contexte global sur lequel nous n'avons aucune prise signifie être disposé à abandonner l'existant dans le seul but d'évoluer, de bouger etc. (Attitude active). Par notre attitude passive face à l'avenir, nous nous activons à détruire le présent.

La "défense des services publics" et des "acquis sociaux" demeure pourtant la chasse gardée de l'ensemble des partis de gauches. Préserver le "modèle social" renforcer l'"exception culturelle" également. Cette attitude a un nom : le conservatisme. Il est grand temps que la gauche n'ait plus honte de ce qu'elle est et doit être : une force de transformation constructive et non destructive. Le passé ne saurait être sacrifié sur l'autel d'un avenir par définition incertain.

Les mots en politique sont plus importants qu'ailleurs, le jargon moderniste et technocratique doit s'effacer et la gauche s'exprimer dans une langue compréhensible. C'est la seule issue, il doit bien y avoir la place pour un conservatisme social dans le progressisme !!

lundi 8 juin 2009

Quel chantier !




L'Europe d'abord.

Si on se penche sur les résultats de ces élections au niveau européen, il faut d'abord retenir un chiffre : tout juste 2 européens sur 5 se sont déplacés. Ce que cela ne veut pas dire que :
1/ Les Européens ne comprennent pas l'UE
2/ La démocratie européenne se porte mal.

En réalité cela montre l'incapacité à construire une Europe démocratique. Les objectifs du processus d'intégration se révèlent contraires à celui de la démocratisation. C'est ce gouffre que les citoyens européens ressentent d'abord. L'opinion européenne existe d'ailleurs sur ce seul point : l'UE n'est pas le lieu de la démocratie, elle n'a pas vocation à l'être. La cogestion entre la droite et la gauche européennes amène ce constat désabusé : La démocratie ne doit pas relever du consensus mais s'apparenter à la tyrannie de la majorité, et il ne saurait en être autrement.

Un essai de lecture européenne des résultats

Cela explique l'effondrement des sociaux démocrates (incapables de transformer l'UE donc électeurs qui s'enfuient) et la stagnation de la droite traditionnelle. Le vote contestataire de droite est puissant à l'Est (dans les 12 derniers entrants) et dans les pays nettement européophobes de l'Ouest(GB /Flandres- Pays Bas / France dans une moindre mesure). Le vote contestataire de gauche réalise ses plus beaux scores à l'Ouest (Pour faire simple, ceux qui n'ont pas connu le communisme) A l'Est, le vote d'extrême gauche n'est que la fin de la comète communiste. Il n'y a pas de place pour l'heure pour une gauche radicale non communiste dans ces pays. En Europe orientale la contestation du système se traduit par l'extrémisme de droite. Partout ou presque, le vote a sanctionné le pouvoir mais plus nettement là où les socio- démocrates l'occupent.
La poussée écologiste est surtout sensible à l'Ouest. L'ancien Est soviétisé demeure un inconditionnel partisan productiviste : "Avoir des usines c'est la santé, polluer c'est le signe de la croissance et du plein emploi". Les opinions publiques n'y sont pas animées de cette fabuleuse croyance en la "croissance verte" qui semble avoir animée les coeurs de la frange boboïsée des citoyens de l'Ouest européens (sauf dans les pays latins). La cartographie du vote écolo se limite en fait au quart nord ouest de l'Europe soit dans les pays les plus riches. L'écologie devient l'idéologie dominante de ceux qui se peuvent se payer le luxe de ne plus en avoir. C'est en effet dans les pôles urbains les plus riches d'Europe que le vote écologiste est le plus fort : Paris intra muros, Bruxelles, Berlin... Or, il n'est pas certain que l'on puisse faire accepter l'idée à celui qui souffre (ou à celui qui profite le moins) qu'il faille s'occuper de la santé de la planète avant la sienne.

Les 40 % d'européens qui ont voté ont envoyé le message suivant : Une majorité dit : autant continuer ainsi. Une minorité espère tout foutre en l'air. Les 60% d'européens qui n'ont pas voté ont dit : Cela ne présente aucun intérêt, de toute façon rien ne changera.

En Europe donc, rien ne changera dans l'orientation. Mais les forces centripètes : abstention, euro scepticisme, populisme et nationalisme sortent grands vainqueurs. Le"grand tout" va continuer à s'élargir, à se scléroser sur une base toujours plus étroite et sceptique. Le parlement européen est plus éclaté que jamais, il va devenir plus difficile de le gouverner.

Honnêtement je ne vois pas ce qui pourra faire qu'un jour ces élections retiennent plus l'attention des peuples européens. Le taux d'abstention ne cesse d'augmenter alors que le pouvoir de Bruxelles croît parallèlement.

La France maintenant

Une élection sans vainqueurs

Pour la petite histoire l'UMP fait le score du PS en 2004 et inversement. Modem+Verts en 2009= 25% UDF+verts en 2004= 20% Front de gauche = PCF en 2004 FN 2009 -2.5 % Libertas 2009= MPF 2004

Ces élections sont le miroir de celles de 2004. Aux extrêmes pas ou peu de changement. Pour les modérés le grand chambardement.

L'UMP derrière les façades n'est pas si satisfaite. Moins de 28% pour la "majorité" c'est un peu court. Peu de réserves chez Libertas ou le FN. Sa réserve de voix est chez les abstentionnistes mais si ce score est flatteur dans une élection proportionnelle à un tour, il peut inquiéter dans la perspective des régionales. Moins de 5 millions de personnes ont soutenu l'action du président hier. C'est pour cela que le pouvoir va sans doute se contenter d'un remaniement a minima, ne pas prendre de risque tout en affirmant "poursuivre l'ouverture" et mener des "réformes".

Les Verts seraient ainsi les grands gagnants. Dans les semaines à venir il est probable que certains de leurs leaders reçoivent des coups de fil de l'Elysée, "un p'tit maroquin ?" Leur succès est en trompe l'œil. L'unité des verts est fragile, plus exactement elle a été faite pour ces élections. D'autre part, les Verts ont toujours eu leurs meilleurs scores lors des Européennes. Ces élections ne font pas des Verts la deuxième force de gauche en France. Les raisons de leur succès électoral sont diverses : Porteurs d'un message qui s'inscrit naturellement dans le cadre européen, des personnalités nombreuses et variées (du repris de Justice au juge en passant par l'anarchiste repenti )qui ont pu personnaliser cette élection, la diffusion du documentaire "Home" sur France2, l'altercation Bendit-Bayrou...). Mais Europe Ecologie n'a pas de militants, de revenus, d'élus, de députés en nombre suffisant. Et ils sont tout aussi partagés sur la question économique : entre adeptes de la décroissance plus protectionnistes et libre échangistes apôtres de la croissance verte. Enfin et surtout, cette union n'avait pas vocation à durer ailleurs qu'au parlement européen. Les Verts sont "dépassés" par leurs score et vont retomber dans l'anonymat dès l'Automne, au plus tard lors des régionales de 2010.

Le Modem rate le coche faute de n'avoir pas su séduire à droite par un Bayrou trop clairement dans l'opposition et d'avoir été siphonné par les écolos dont l'absence de marqueur idéologique clair a pu séduire une partie des électeurs du Bayrou version 2007. L'avenir politique de Bayrou n'est pas encore obstrué mais le Modem, trop hétéroclite, risque de sombrer.

Le front de gauche connaît un succès mitigé. Il réalise un peu mieux que le PCF en 2004, mais atteint tout juste les 6%. Il est au niveau du FN et devance le NPA. Il voulait faire chuter le PS, ça s'est fait, mais sans lui. Donc plus d'alternative, s'il veut survivre il devra se contenter d'être une force d'appoint pour une gauche en reconstruction, il doit oublier la recherche d'alliance avec le NPA. Problème, ses relations avec des Verts requinqués sont conflictuelles. Il reste dépendant de la recomposition qui s'annonce au PS.

Le PS se prend une veste, une belle veste mais peut être insuffisante : il reste le pivot de la gauche en dépit de la profondeur de la crise qui l'affecte. Ce que l'appareil du parti risque de faire est une nouvelle fois de temporiser. Le rapprochement avec Bayrou de son aile droite n'est plus possible dans l'immédiat au vu du score calamiteux du Modem. Son aile gauche est décapitée, Hamon n'est pas réélu. Cependant le grand manitou Emmanuelli n'envisage pas de quitter le navire. L'aile gauche est affaiblie et paralysée. Royal n'interviendra sans doute pas directement, elle est dans un autre tempo, et surtout Aubry a très peur d'esquisser tout mouvement. Ce qu'il risque d'advenir pour les mois à venir est une mise sous tutelle encore plus forte d'Aubry, un renforcement des royalistes à la direction. Histoire d'aller unis au massacre des régionales l'année prochaine. Après cette nouvelle défaite, nous assisterons à l'éviction d'Aubry et à une nouvelle nuit des longs couteaux.
Prêtons nous à rêver, les socialistes les moins autistes comprennent que le dernier avertissement a sonné. Le pot pourri qui sert de viatique au PS n'est décidément plus digeste pour les électeurs. On remet tout à plat et on discute du fond par le biais de grandes assises du PS, ouvertes. On constate alors que sur nombre de sujets, les opinions divergent (sécurité, immigration, Europe, laïcité, services publics, libre échange, protectionnisme...) On pose une plaque commémorative à Solférino "Ici gît le PS, nous ne le regretterons pas" signé "les socialistes et les libéraux". Recomposition de la gauche entre "démocrates-écolo" et "socialistes". Recherche d'accords en vue de gouverner et organisation de primaires de toute la gauche en vue des présidentielles.

Un programme, une stratégie, un leader. Finalement c'est tout ce qu'il manque. Mais l'occasion est trop belle pour ne pas s'en saisir : Débattons, enfin.


dimanche 24 mai 2009

Un SouSi pour la police ?

Rien ne va plus au royaume de la dictature molle. Le bras armé, entre excès de zèle et désillusion, ne sait plus à quel saint se vouer.

La police française est dans un sale état et nous pouvons d'abord nous en réjouir, le vieux fonds anarcho libertaire rejaillit dans ces conditions au plus profond de nos entrailles et, comme chacun sait, le fruit de nos entrailles est béni. (oui oui)

Des dérives plus nombreuses jusqu'au ridicule

Plus sérieusement, l'actualité policière défraie la chronique quotidiennement. Hier, c'était 70 agents de EDF-GDF placés d'un seul coup en garde à vue, avant hier et encore aujourd'hui, un dénommé Coupat accusé sans preuves de fomenter des déraillements de TGV était incarcéré, pour ses opinions politiques. Il y a une semaine, un enseignant est arrêté en pleine gare St Charles, en journée, pour avoir crié "Sarkozy, je te vois" lors d'une interpellation musclée. Quelques mois plus tôt, l'ensemble d'un collège est passé au peigne fin avec moults chiens,les élèves reniflés, plaqués au mur en pleine salle de classe, pour quelques grammes de cannabis qu'ils n'ont pas trouvé. Aujourd'hui, pour un soupçon de vol de vélo, deux enfants (6 et 10 ans) sont arrêtés par 6 policiers à la sortie de l'école, amenés au comissariat et leurs parents prévenus tardivement. Une procédure "banale" affirme-t-on à la préfecture...bien sûr, mais cela est anecdotique, les deux enfants n'avaient pas commis ce vol. Quelques mois en arrière, le président se rend dans un village de 500 âmes, pour l'occasion on compte pas moins de 1200 policiers. Sommet de l'Otan à Strasbourg, des CRS sont filmés en train de lancer des cailloux sur les manifestants ou à proximité du cortège pour exciter la foule. Manifestation du premier mai à Paris, de faux punks sortent d'un camion de police, bardés d'autocollants "rêve générale" et provoquent une échauffourée. Il ne s'agit que de quelques faits de ces 6 derniers mois, mais j'en oublie beaucoup. Cependant, on pourrait me reprocher de ne faire cas des seuls "dérapages", alors passons aux statistiques.

Zéro tolérance, direction URSS

Courant 2008, plus de 600000 gardes à vue ont été enregistré. Celà signifie qu'environ "un français sur 90 en garde à vue" (Titre d'un article du Monde). Et encore ! On compte les plus de 70 ans et les moins de 10 ans avec ce comptage. Qu'est ce à dire sinon que 5% de la population française "en âge de marcher" a été soupçonnée, embarquée, interrogée, filmée, fichée en une seule année !!
Toutes les études menées ces derniers temps pointent un dégradation sensible du climat entre citoyens et police. Le tout répression passe bien chez les mémères mais celui qui se fait aligner en allant bosser et en rentrant le soir commence franchement à en avoir marre. L'irrespect , l'absence de politesse comme les altercations entre policiers et citoyens, sont en constante augmentation. La police apprend à se faire haïr : la disparition de la police de proximité (tardivement et partiellement rétablie), de prévention, qui patrouille de jour et qui ne débarque pas au milieu de la nuit, sirènes hurlantes, armée jusqu'aux dens et suivie par les caméras de TF1, fut de ce point de vue une erreur politique grossière. Les policiers ne doivent pas passer leur temps à faire des matchs de rugby avec les gosses des quartiers avait dit l'autre, humiliant ainsi, face caméra, un chef de la police toulousaine. Qui s'en mord les doigts aujourd'hui ?

Aveuglement idéologique, Impasse politique

Le climat sécuritaire se renforce encore : entretemps, plus de cagoules, plus de réunion en bande, des peines plus longues des détentions provisoires qui s'allongent, disparition de juges d'instruction, davantage de prisons et de suicides à l'intérieur, des blocages de matons, des tribunaux toujours aussi surchargés, une ministre de la justice enceinte en Dior, en disgrâce,bientôt au parlement européen etc.
Climat sécuritaire et insécurité manifeste cohabitent. Les atteintes aux personnes ont augmenté de plus de 10% ces dernières années. Le taux d'élucidation ne progresse que très peu malgré les quotas que l'on impose aux forces de sécurité. Le bilan est donc catastrophique, loin de limiter l'ampleur de l'insécurité, le tout sécuritaire a eu pour seul effet, de restreindre les libertés de ceux qui n'enfreignent pas la loi. Comme si la peine de mort était dissuasive aux Etats-Unis, comme si le prix élevé du permis empêchait ceux qui ne peuvent se l'offrir de conduire, comme si restreindre le champ des libertés n'agrandissait pas, de fait, celui de l'illégalité. Comme si le fait de se proclamer plus sévère n'incitait pas à la surenchère dans les actes délictueux.
Comme si "brigades scolaires" n'était pas un oximore....
On achève bien les flics à la kalachnikov dans le 9-3 !!

Ca ne marche pas ? Faisons en un argument de campagne !

Puisque tout ce qui a été entrepris sur le front économique et social depuis deux ans a échoué lamentablement, il est grand temps de refaire de l'insécurité un argument de campagne. Qu'importe les chiffres pourvu qu'on ait l'ivresse de quelques baufs, que le taux de testostérone remonte dans les banlieues pavillionaires, que l'adrénaline, la volonté de puissance des faibles et des lâches se réveille telle un volcan d'Auvergne. On va redoubler d'efforts de communication, on va sommer l'opposition de prendre position clairement sur notre projet sur les bandes, un de plus, qui ne sera jamais appliqué (qui se souvient de la loi interdisant les réunions dans les halls d'immeubles, combien de fois a-t-elle été appliquée, quels résultats?, quelle évaluation?). Ca ne mange pas de pain, on va pouvoir gesticuler, mouliner, accuser de laxisme, semer la pagaille, enflammer les esprits, équiper les polices municipales de taser. Quel bonheur !! Français, vous pensiez que le rique était de perdre votre boulot, détrompez vous, le danger est en bas de chez vous !

Quelque part entre les pleins pouvoirs et l'impuissance

Pinot, simple flic, vit un dilemme. Ses conditions de travail se dégradent, une partie de ses jours de congés a été sucré. Il doit, pour gagner plus, remplir ses quotas (on le paie à la com), sa hiérachie l'encourage à en faire plus. Sur le terrain, son action est désapprouvée par un nombre croissant de citoyens, tandis qu'il est confronté à une violence décuplée à son encontre. Il est moins dangereux d'arrêter celui qui grille un stop que le dealer au mileu des barres d'immeubles qui l'attend avec son arme de guerre. Quant au délinquant en col blanc, les enquêtes sont impossibles soit par manque de moyens soit en raison de la pression exercée d'en haut pour classer "sans suite" les dossiers les plus chauds ("la lutte contre la délinquance financière est en régression", autre titre du Monde). Le policier français est notre Stakhanov moderne, érigé en modèle mais esclave. Pimpant mais tremblant dans son uniforme.

Servir l'Etat ou la République ?

La situation devient en réalité explosive si l'on considère que la hiérarchie des missions de police n'est plus respectée: Comment comprendre que l'on intervient si promptement pour dégager la maison corse d'un acteur très moyen mais ami du président ? Comment expliquer qu'un préfet de Bretagne est muté pour avoir osé laisser plus de 2000 manifestants siffler le maître vénéré ? Comment accepter que la police de Seine Saint Denis ait encouragé et récompensé pécuniairement la délation ? Comment interpréter le zèle de ces mêmes hommes pour raccompagner quelques clandestins menottés dans des avions à destination de l'Afrique ? Quel parallèle effectuer quand les forces de l'ordre interpellent des gosses, fils de sans papiers, à la sortie de leurs écoles? Comment lire une haie de CRS garantissant la sécurité de ceux "qui veulent aller en cours" dans les facultés? La situation est intenable. Plutôt que le sens de l'Etat, ne serait-il pas temps que le corps asssermenté reconquièrt l'esprit républicain, le service de l'intérêt général ?

Sommes nous en1788 ?

Mieux que Cassandre et Nostradamus réunis : L'invocation (évocation) de cette date passée met régulièrement la bulle journalistique en émoi. De Villepin à Bayrou, de Fabius à Besancenot, tous y sont allés de leur petit air printanier, nous sommes entrés dans une période "pré-insurrectionnelle". Reprise en chœur par des dizaines d'éditos de nos grands analystes politiques. D'aucuns prétendent y croire, d'autres en doutent, certains balaient l'hypothèse d'un revers de main. Tous souhaitent en tout cas l'éviter.
Pour que le cauchemar ne se transforme pas en rêve prémonitoire, l'encre aura cette fois coulé bien avant le sang. Nos médias français vivent dans la crainte de rater l'événement comme cela avait été le cas en 68. Personne n'avait vu venir quoi que ce soit. Depuis, on prédit, on anticipe. Mais loin de la prophétie autoréalisatrice, ces gesticulations verbeuses n'ont d'autre objectif que d'agiter le chiffon rouge.
Une fois de plus nous voilà contraints de jouer le rôle qu'on nous fait jouer. "Attention, les Français sont un peuple sujet à de violentes réactions épidermiques". "Tous aux abris, la colère si typiquement française resurgit". La Terreur de 1793 refait débat sur les plateaux télé, les films récents sur Action directe, ou la Red army japonaise reçoivent un écho critique certain. L'ultra gauche qui fait dérailler de si nombreux trains en France est sous bonne garde, mais les saboteurs d'EDF ont le vent en poupe. Et ce petit manuel "L'insurrection qui vient" par un auteur anonyme et qui se vend comme des petits pains ? ET ces gauchistes qui noyautent les universités. Et ces syndicats infiltrés par les rouges séquestrant quelques heures leur patron "pris en otage".
De l'anxiogène en veux tu en voilà ! Du télégénique en tout état de cause ! Un moyen si habile de "montrer" la crise.
Ce que veut nous faire croire l'élite dominante est simple : "Nous craignons une révolution". Ces actes sont tout autres ; il semblerait qu'on est à la veille d'un coup d' État. 1% de la population française est passé en garde à vue en 2008 ! Score admirable si l'on se souvient que désormais celle-ci peut durer jusqu'à 48 heures ! Il semble que les capacités d'accueil dans les commissariats soient supérieures à celle des prisons.

Pour éviter une révolution que l'on prétend craindre, ce n'est pas la meilleure des méthodes. Une révolution suppose en tout état de cause le soutien actif du mouvement par une large partie de la population. Or, la police, la justice, TF1 agissent comme s'il suffisait de bâillonner une infime minorité pour que tout rentre dans l'ordre.

Or, l'apathie semble générale. La répétition de scandales a diminué notre capacité à nous insurger. L'entente molle des syndicats a condamné tout mouvement dur et généralisé. L'Obamania qui sévit encore tend à nous rapprocher illusoirement de nos gouvernants. La crainte du chômage justifie la stagnation des salaires et par là celle de notre pouvoir d'achat. On aimerait simplement que tout recommence comme avant, que les riches s'engraissent sur notre dos, mais qu'ils nous laissent tranquilles et libres. Car quand ils toussent, ils en profitent pour nous ponctionner d'avantage et nous emprisonner, de peur qu'on fasse usage de nos droits élémentaires.

1788 est derrière nous, mais l'Ancien régime est toujours en place. Mais cela, que ne donnerait-on pas pour l'ignorer !

Seul le maintien d'une politique "sécuritariste" outrancière et provocatrice peut transformer le désespoir et la désillusion en colère généralisée...


Ploucs et ploutocrates

Maintenant que la thématique européenne a été bien décapée dans notre précédent article, tentons de la "palimpsester", de réécrire un tant soit peu cette Europe.

L'Europe est une fantastique épopée, seule entité politique consistante construite uniquement par le haut et se vantant de l'accord des populations concernées, c'est-à-dire du consentement du bas.

Elle s'est construite économiquement, tout le monde le sait. Ce qui est plus récent est sa prétention à s'occuper de l'éducation, de la culture, de la politique, de la fiscalité etc. Le trait le plus saillant de cette tendance réside dans le fait qu'elle ait cherché à se doter d'une constitution.

Cette entreprise achoppe sur de nombreux écueils, dont le plus puissant est sans conteste la souveraineté nationale: Les Etats ne se séparent qu'avec parcimonie de leurs fonctions. Dans ce contexte, pour réussir, l'UE n'a d'autre choix que de rechercher le compromis. Le langage du consensus, si cher à ceux qui n'ont pas d'autre idée que celle de mettre tout le monde d'accord, constitue la novlangue européenne. Je me souviens d'un Rocard à la tribune, début 2005, lors d'un meeting du (défunt ?) PS : " Je ne vois aucune raison pour que l'on s'oppose à ce texte". Pas d'alternative, pas de plan B, vous ne savez pas combien cela a été difficile de tomber d'accord alors soyez sympa,votez pour nous ! En effet, nous sommes les seuls capables d'être en accord avec ceux pour qui vous ne votez pas !!

Au parlement européen, il existe théoriquement une gauche et une droite modérées (PSE et PPE), en pratique, ce sont ces groupes qui votent le budget dans un "esprit de consensus". Autrement dit blanc bonnet et bonnet blanc. Le plus inquiétant est sans doute qu'ils s'en félicitent. Reléguer les idées politiques derrière les intérêts européens, tel est le mécanisme intellectuel mis en œuvre par nos députés modérés. Les intérêts européens, justement parlons en ! Personne ne peut en citer le moindre, hormis la paix. Le député européen vote les textes qui lui paraissent indolores pour son pays. Ces directives émanant de la commission ou ce budget avalisé par le parlement permettent à chaque pays de sauver les apparences, de conserver leur pré carré. En revanche, ils sont sans pitié pour les plus faibles : la France ne peut sauver son agriculture et sa pêche, la seconde est condamnée. Les marins pêcheurs réclameront annuellement des aides, non à Bruxelles puisque la France a signé les quotas, mais à l'Etat national, qui s'empressera de délivrer le carburant à bas prix, pour maintenir sous perfusion quelques années un secteur d'activité en perdition, jusqu'à la disparition complète de la profession en France par non remplacement des retraités.

L'esprit de consensus dissimule de plus en plus mal l'idéologie qui le sous tend, ce libre échange accompagné de la dérèglementation, de la mondialisation et de ces multinationales hors sol, capables de déménager en quelques jours leurs activités. L'Europe est un paradis pour les investisseurs étrangers, haut niveau de qualification, espace intégré, main d'œuvre toujours plus flexible, aides massives à l'investissement, subventions généreuses, dispenses fiscales, infrastructures denses, marché. Nous sommes si compétitifs que nous en sommes venus à nous livrer une concurrence acharnée. L'UE dresse en réalité les peuples européens les uns contre les autres. La loi de la jungle en matière économique y est la règle. Chacun veut sa part, mais la méthode du partage n'a pas été définie.

Les élus de la gauche européenne participent activement et consciemment à ce phénomène. Or nous le voyons ce "projet économique" touche en réalité au social, au politique au culturel. Au lieu de fixer des règles politiques communes pour fixer un cadre commun à l'activité économique de la zone, l'UE a choisi de "libéraliser" l'économie et de mettre les cadres politiques au service de cette dernière. L'Europe aurait dû être politique avant d'être économique. Or, fixer un cadre politique dans les conditions actuelles consisterait avant tout à assouplir encore un peu plus les cadres et les règles qui bornent le champ économique.

Donner à l'UE un rôle politique effectif est un projet qui rassemble au delà des naïfs humanistes qui déclarent "nous sommes tous frères, supprimons les frontières", il emporte l'adhésion enthousiaste de tous ceux qui veulent moins d'État, qui pensent que la "bonne gouvernance"est au delà des "clivages stériles" de droite et de gauche qui "datent du 19° siècle".


L'Europe crève de ne pas être politisée. Ou plus exactement elle meurt par sa volonté de refuser le débat. Ce discours insupportable consistant à se réjouir des "avancées" européennes, de ces "nombreux traités et accords signés", de cette intégration approfondie" de la part des trois grands partis (UMP, PS, MODEM) doit cesser une fois pour toutes. Leur connivence aussi. Fausse concurrence entre les gentils Beatles et les méchants Rolling Stones pour distraire le gogo.